4ème page de couverture :
« Né à Lisbonne en octobre 1948, emprisonné sous Salazar à seize ans, exilé à Bruxelles à dix-huit, Joaquim Vital habitait Paris depuis 1973.
Fondateur, en 1976, des Éditions de la Différence, il y a fait paraître, en 1996, Vingt ans, bilan sans perspective, anthologie « parfois arbitraire » des textes et des images édités, non sans mal, pendant quatre lustres. En 2000, il a publié un recueil de poèmes, Un qui aboie, en 2004, Adieu à quelques personnages et, en 2008, La Vie et le reste. Sa dernière nouvelle, La Découverte du Brésil, paraît à titre posthume en 2011.
Il a aussi traduit en français de nombreux auteurs portugais : Sophia de Mello Breyner, Vasco Graça Moura, Fernando Pessoa, Mário de Sá-Carneiro, Raul Brandâo, Urbano Tavares Rodrigues, Isabel Franga.
Après sa mort, survenue à Lisbonne le 7 mai 2010, ses auteurs et amis s’attachent à évoquer le personnage qu’il a été et le rôle qu’il a joué dans leur vie.
L’ouvrage est illustré par quelques artistes avec lesquels il a collaboré : José de Guimarães, Boris Lejeune, Bengt Lindström, Jean-Luc Parant, Júlio Pomar et Milos Sobaïc. »
Préface de Colette LAMBRICHS :
« Quand je serai mort, me disait-il, tu diras à ton prochain amant : « J’ai connu jadis un Portugais, à moins qu’il ne fût brésilien… », tu ne te souviendras plus très bien.
- En tout cas, lui répondais-je, ne compte pas sur moi pour cultiver ta mémoire. »
Pour paraphraser à sa façon Fernando Pessoa, je dirais que tous les livres d’hommage sont ridicules. Ce ne seraient pas des livres d’hommage s’ils n’étaient pas ridicules, mais au bout du compte, ce sont les gens qui ne font jamais de livres d’hommage qui sont ridicules…
Chacun – ami, écrivain, peintre – témoigne ici du rôle que Joaquim a joué dans leur vie, d’une image qui s’y est inscrite. Portrait en creux. Comment pourrait-il en être autrement ? Le vide qu’il laisse est palpable.
Bien plus qu’un éditeur au sens classique du mot, il était un artiste. Il a construit « La Différence » comme une œuvre d’art composée de livres dont chacun répond à un autre par un jeu de correspondances secrètes.
Il croyait aux gens qui croyaient à ce qu’ils font en dépit des modes, des étiquettes, gauche ou droite, des appartenances quelles qu’elles soient, des lois supposées du marché. L’évolution de son métier le désespérait – l’inculture grandissante, le rapport relâché à la langue française que lui, l’étranger, s’attachait à maîtriser jusqu’à semer le doute chez ceux qui la maniaient le mieux, le discrédit jeté sur la culture dès lors que celle-ci ne visait pas à être « événementielle », comme on dit.
Il était un homme libre, dérangeant les êtres timorés, carriéristes, infatués.
La relève qu’il m’échoit d’assurer n’est pas facile à prendre. Ce qui me manque le plus c’est son rire, sa distance et son sang-froid devant les difficultés de tous les jours. Je m’en ouvre parfois auprès de notre chat roux qui pose sur moi son regard attentif et exigeant au point qu’il m’arrive de penser que la lumière qui danse dans ses yeux vient de lui. COLETTE LAMBRICHS ».
J’ai fait la connaissance de Joaquim VITAL et de Colette LAMBRICHS au Salon du Livre à Paris en 2000. Le thème était « Le Portugal ». Je n’oublierai jamais leur gentillesse, leur amabilité. J’ai lu tous les livres de Joaquim Vital : un régal, une mine de connaissances littéraires et artistiques.
Mamie Claire
Juin 2011
